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Comment s’affirmer sans agressivité ?

Comment s’affirmer sans agressivité ?

Ce que je m’apprête à explorer avec vous est une notion de leadership aussi méconnue que puissante : s’affirmer sans agressivité.

En tant que coach je suis toujours très heureuse de constater que développer cette posture participe d’un vrai cercle vertueux.

Et il y a une autre bonne nouvelle : si vous souhaitez vous affirmer sans agressivité, cela peut commencer dès aujourd’hui.

Cet article vous donne une feuille de route simple et des actions à mettre en place pas à pas. 

Quand on n’ose pas s’affirmer, il existe un effet d’accumulation. À force d’éviter les confrontations, les besoins restent inexprimés et la frustration grandit jusqu’à parfois exploser sous forme d’agressivité.

Faire preuve d’assertivité — c’est-à-dire faire entendre son besoin, son point de vue et son ressenti sans agressivité — est souvent nécessaire mais parfois difficile.

Ce manque d’assertivité peut prendre des formes très différentes.

Vous vous sentez peut-être en décalage entre ce que vous êtes et ce que vous montrez.

Vous perdez parfois vos moyens face à l’imprévu.

Vous redoutez les confrontations.

À force de vous retenir, vos idées restent en retrait. Vos messages perdent en clarté. Peu à peu, votre posture s’efface et avec elle, votre impact et votre leadership.

L’assertivité est justement une façon de s’affirmer sans agressivité.

Et c’est une bonne nouvelle : contrairement à ce que l’on croit souvent, elle n’est pas un trait de personnalité. Elle s’acquiert.

Dans des situations tendues, rester assertif est un comportement acquis, une compétence qui requiert de l’entraînement.

Elle est essentielle à toutes les personnes qui souhaitent se sentir plus alignées dans leur communication.

Pourquoi est-il si difficile de s’affirmer sans agressivité ?

Le manque d’assertivité amène autant à de l’évitement qu’à de l’agressivité.

Entre l’agressivité qui explose et l’effacement insidieux se trouvent les deux revers d’une même médaille : le manque d’assertivité.

Je le constate régulièrement dans mes accompagnements.

Sandra* oscillait entre agressivité et difficulté à poser ses limites.

Claude*, lui, s’inhibait en réunion, puis finissait par s’emporter.

Lorsque nous sommes sous stress, nos réactions sont souvent automatiques : lutter (Fight), fuir (Flight) ou nous figer (Freeze).

L’assertivité ouvre une autre voie : une réponse plus consciente qui s’apprend avec le temps.

Christophe André et François Lelord résument cette posture, dans L’Estime de soi, par une image que j’aime beaucoup :

« Ni hérisson, ni paillasson. »

Il existe beaucoup de représentations de l’assertivité, souvent approximatives. Regardons maintenant ce qu’elle désigne précisément.

Qu’est-ce que l’assertivité

Pour vous parler d’assertivité, je pense à une figure historique discrète mais dont le refus calme et déterminé a contribué à changer la société : Rosa Parks.

Le 1er décembre 1955, dans un bus de Montgomery, elle refuse calmement de céder sa place — où les sièges réservés aux Blancs ne sont d’ailleurs pas tous occupés.

Ce refus simple, ferme et posé contribue à déclencher un mouvement immense : le boycott des bus de Montgomery et, plus largement, la lutte non violente pour les droits civiques.

C’est cela, l’assertivité : faire entendre son besoin, son point de vue et son ressenti avec maîtrise, droiture et ouverture au dialogue.

Une posture qui peut changer le monde.

Le mot vient de l’anglais to assert : affirmer.

Le Larousse de la psychologie définit l’assertivité comme la capacité à affirmer son besoin, son point de vue et son ressenti sans anxiété ni agressivité, sans dénier ceux des autres.

Il s’agit d’un mode de communication authentique, qui invite au dialogue.

Pour moi, l’assertivité consiste à faire entendre sa voix sans faire taire celle des autres.

Dans mes accompagnements, je reviens très souvent sur les quatre leviers qui suivent.

Comment développer son assertivité ? Mes 4 clés préférées

Cette posture peut sembler idéale. Elle est pourtant accessible et demande simplement de l’entraînement.

Ces 4 clés simples sont essentielles pour ancrer son assertivité dans son quotidien.

Clé n°1 : Comprendre ses réactions automatiques

Claude* n’arrivait pas à prendre la parole à temps en réunion. Il perdait le fil de ses pensées… et finissait par s’emporter lorsqu’une question le prenait au dépourvu.

En coaching, il a progressivement développé son assertivité.

Il a appris à identifier les situations où surgissaient l’inhibition ou l’agressivité, à comprendre les déclencheurs (triggers) de ces réactions, à reconnaître les émotions et les pensées associées… puis à faire grandir une troisième voie : l’assertivité.

Claude a réalisé qu’il « perdait le fil » dès qu’on lui « expliquait la vie ».

Petit à petit, il a accepté de ne pas avoir toujours la réponse parfaite immédiatement… et de découvrir que c’était parfaitement acceptable !

Clé n°2 : Gagner en alignement

Avec Sandra, le déclic est venu grâce à un travail sur les Niveaux Logiques de Robert Dilts, un modèle qui permet notamment d’aligner nos comportements avec nos valeurs et notre identité.

Au cours d’un exercice, elle s’est visualisée portant une robe d’avocate. Cette image symbolisait pleinement les valeurs de sa mission de vie.

À partir de ce moment-là, elle a pu convoquer cette image dans les situations difficiles. Elle ne cherchait plus simplement à « poser des limites ». Elle retrouvait la posture intérieure qui lui permettait de les poser en étant sûre d’elle-même.

Chez Claude, le changement est passé par une meilleure compréhension de ses réactions sous stress.

Chez Sandra, il est venu d’un réalignement profond entre sa posture, ses valeurs et son identité professionnelle.

Clé n°3 : L’Analyse Transactionnelle : une posture “OK / OK”

L’assertivité correspond à la posture « OK / OK », ou « Adulte à Adulte », décrite par l’Analyse Transactionnelle.

Elle constitue une réponse consciente aux mécanismes automatiques du stress : Fight, Flight, Freeze.

Dans cette posture d’Adulte, on est pleinement au présent. On répond à la situation plutôt qu’on ne réagit sous le coup du stress. Depuis cette stabilité intérieure, il devient plus facile d’inviter son interlocuteur à entrer, lui aussi, dans un dialogue apaisé.

Faire entendre sa voix — ses besoins, son ressenti, son point de vue — de manière claire et posée, tout en respectant celle de l’autre.

Clé n°4 : La Communication Non Violente : entendre sa voix avant de la faire entendre

Une idée centrale de la Communication Non Violente pourrait se résumer ainsi : derrière le conflit se trouvent souvent des besoins qui n’ont pas été entendus ou reconnus.

Lorsqu’un besoin n’est ni identifié ni entendu, la tension peut s’installer. Et cette tension peut progressivement nourrir frustration, jugements ou agressivité.

Ce que j’apprécie particulièrement dans la méthode OSBD, c’est qu’elle nous invite à entendre notre propre voix avant de chercher à la faire entendre.

En formation, certaines personnes me disent avec surprise :

« Ah bon ? Il faut que j’aie identifié tout ça avant de parler ? »

Oui.

Avant de faire une demande, cette méthode invite à :

  • Observation : observer les faits sans jugement ni interprétation,
  • Sentiment : reconnaître ce que l’on ressent,
  • Besoin : identifier le besoin auquel cette émotion nous relie,
  • Demande : puis formuler une demande claire, en invitant au dialogue.

Nos émotions sont souvent de précieuses messagères. Elles nous renseignent sur nos besoins. Cette clarification intérieure permet ensuite d’entrer en dialogue avec davantage de justesse, de calme et d’assertivité.

Comment s’affirmer sans agressivité au travail ?

Les mêmes principes s’appliquent naturellement au monde professionnel.

Je vais maintenant me pencher sur le développement de l’assertivité au travail.

Marie* pensait manquer d’assertivité parce qu’elle était introvertie.

Or, l’introversion concerne la manière dont on se ressource.

L’assertivité, elle, s’apprend.

Nous avons travaillé son pitch personnel, l’arbitrage de conflits, l’affirmation de ses positions, sa présence physique et sa gestuelle.

En coaching, j’aime dire que l’on fait de beaux millefeuilles.

Couche après couche, Marie a appris à parler même lorsque sa pensée était encore en mouvement, à respecter ses besoins de solitude régulière, pour recharger ses batteries. Elle est arrivée à quitter progressivement la posture d’experte pour incarner celle de leader.

Aujourd’hui, elle affirme sa voix avec davantage d’alignement et de profondeur.

Envie d’aller plus loin ?

L’assertivité et la prise de parole sont au cœur de ma pratique depuis mes études de coaching.

En 2015, j’ai consacré mon mémoire de diplôme de coach (DESU Pratiques du Coaching à Paris 8) à ce sujet : « Développer l’assertivité dans le cadre d’un coaching à la prise de parole en public », travail qui a obtenu la note de 16/20.

J’ai également eu beaucoup de joie à échanger avec Sophie Briolat, dans son podcast Femme Alpha, autour de cette question : comment s’affirmer dans ses prises de parole ?

🎧 Vous pouvez écouter notre conversation ici.

Comment s’affirmer sans agressivité : mon mémo

Développer son assertivité est un travail de tous les jours. C’est apprendre à exprimer ses besoins, ses émotions et ses convictions avec davantage de clarté, tout en respectant celles des autres.

Comme toute compétence relationnelle, l’assertivité demande de la conscience, de l’entraînement et parfois un accompagnement.

Le développement de son assertivité est un cadeau que l’on se fait à soi-même, avant que cela ne rayonne autour de soi.

Au début, c’est comme semer ses cailloux de Petit Poucet : cela se fait en tâtonnant. Quand l’assertivité se consolide, elle devient un formidable levier pour développer son influence.

C’est un fil rouge dans ma propre construction depuis mon entrée dans l’âge adulte… et dans tous mes accompagnements depuis.

*Tous les prénoms ont été changés.

Je suis Clémentine Pons — coach certifiée, formatrice & comédienne.

Depuis 15 ans, je vous accompagne à affirmer votre présence et à développer votre influence.

Envie d’échanger autour de vos enjeux ? Je vous invite à découvrir les accompagnements proposés au Studio. Si ma manière de travailler résonne avec vos besoins, vous pourrez ensuite m’écrire très simplement depuis la page Contact.

Quelques livres sur l’assertivité (pour aller plus loin)

Si vous souhaitez approfondir le sujet :

Ces ouvrages nourrissent ma pratique depuis plusieurs années.

L’Estime de soi — Christophe André & François Lelord

Une exploration complète et méthodique de l’estime de soi, avec auto-tests et repères concrets.

Pourquoi je le recommande : un incontournable pour poser des bases solides de confiance et d’affirmation de soi.

Être soi dans ses relations — Sylvie Grivel

Une approche systémique de l’assertivité en entreprise, loin des injonctions.

Pourquoi je le recommande : pour penser l’assertivité comme une posture relationnelle consciente et ajustée au contexte.

Développez votre assertivité dans toutes les situations — Sue Hadfield & Gill Hasson

Un guide pratique pour poser ses limites, s’affirmer et dialoguer avec respect.

Pourquoi je le recommande : idéal pour avancer avec des repères simples et des actions concrètes.

Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) — Marshall Rosenberg

Le livre fondateur de la Communication Non Violente.